Itoiz – Rock et Pop

Itoiz - Rock basque

Les débuts

En 1973, deux jeunes lycéens, Juan Carlos Pérez (guitare et voix) et José Garate Foisis (basse) forment un duo, Akelarre, et commencent à faire de la scène. Trois autres jeunes, Estanis Osinalde (batterie), Antton Fernandez (claviers) y Joseba Mendizabal (guitare) les rejoignent en 1974. Ils prendront le nom de Indar Trabes. Leur premier concert, sera une fête lycéenne, se déroulant dans une boîte de nuit d’Ondarroa, La Venicia. C’est durant cette période que Ángel Azkarraga « Matxitxa » les rejoint au poste de manager, poste qu’il occupera jusqu’à la dissolution d’Itoiz. Dès le départ, la formation se définit comme un groupe rock mais, à cette période, à part de rares exceptions, la seule possibilité de vivre pour les groupes est de jouer dans des bals ce que fait Indar Trabes, mélangeant les tubes du moment avec leur propres compositions. La popularité du groupe et le bon accueil réservé à leurs créations leur permettent de jouer dans quelques festivals de Rock. La plupart des titres sont composés par Juan Carlos Pérez et les paroles écrites par de jeunes poètes, Joseba Alkalde y Joseba Garcia.

En 1978, Jaime Yarritu fonde la maison de production Xoxoa (le merle) et propose à Indar Trabes l’enregistrement de leur premier album. L’image du groupe étant celle d’un orchestre, est décidé de sortir le disque sous le nom de Itoiz, durant la foire de Durago à la fin de l’année. La critique fait un bon accueil : la revue Ozono, porte-parole de la culture underground, le désigne comme le disque du mois de janvier 1979, et le qualifie comme « musicalement ayant un meilleur niveau que la plupart des groupes symphoniques anglo-saxons ».Lau Teilatlu reste le morceau le plus connu et est toujours joué en 2014 dans les bals du Pays Basque.
Ce LP faillit être le seul et unique d’Itoiz. Lors de sa sortie, le groupe était quasi dissous : deux de ces membres étaient appelés sous les drapeaux et les autres étaient épuisés par leur saison estivale. Le concert lors de la sortie du disque sera le seul sous le nom d’Itoiz.

Retiré à Bilbao, Juan Carlos Pérez, après une période de repos, se remet à composer. Il travaille sur un concept album qu’il présente à la maison de disque Xoxoa. Profitant de la notoriété d’Itoiz, le producteur le convainc de sortir ce disque sous le nom d’Itoiz. Ce sera Ezechiel, l’histoire d’un jeune qui se révolte par la violence contre un monde opprimant. Les paroles sont écrites par Joseba Alkalde. Bien que se voulant anti-commercial Ezechiel sera la plus forte vente au Pays Basque cette année là. Les lecteurs de Musika élisent Itoiz comme le meilleur groupe live et le meilleur groupe basque.

 

En route vers le succès

A la fin 1981, Germán Ors rejoint le groupe qui se compose alors de Juan Carlos Pérez, Foisis, Antton Fernandez. C’est l’ossature de l’album Alkolea (1982). Le groupe refuse les propositions de Polydor et CBS et choisit Elkar pour l’édition de l’album. Toutes les musiques sont signées Juan Carlos Pérez sauf Marylin signé Antton Fernandez. Les critiques sont dithyrambiques notant « la fusion du traitement folk des voix avec le rock de Canterbury ». C’est à ce moment que Jimmy Arrabit rejoint le groupe pour jouer la batterie en concert, poste qu’il occupera jusqu’à la dissolution du groupe.

Très vite, Germán Ors est remplacé par Jean-Marie Ecay dont Foisis reconnaîtra son importance dans l’élaboration de Musika Blai et son influence sur le style de l’album beaucoup plus pop-rock et mélodique, dans la lignée de Fleetwood Mac. Le disque sera enregistré à Madrid et mixé à Londres. Il sera bien accueilli par le public et les critiques. Peu après sa participation à l’enregistrement. Jean-Marie Ecay laisse sa place à Arturo Blasco pour rejoindre l’orchestre Mondragon.

L’apogée

Peu avant l’entrée en studio pour « Espaolian » Antton Fernandez décide de quitter définitivement le groupe. Pablo Novoa le remplace au clavier. Juan Carlos Pérez et Jean-Marie Ecay reprennent leur collaboration et Bernardo Atxaga écrit les paroles de Berandu da, Telefonoan, Hegal egiten et Tximeleta reggae. Les titres sont beaucoup plus intimistes mais restent dans un style pop-rock. Le succès est de nouveau au rendez-vous et la réputation du groupe dépasse les frontières d’Euskadi. Itoiz joue à Madrid en première partie de Psychédélic Furs et en France.

Itoiz veut sortir de ses frontières basques afin de s’attaquer au marché français. Pour cela, le groupe enregistre Ambulance, à Paris, au studio Damiens avec un nouveau guitariste Xabi Pery. La critique accueille bien le disque qualifiant « Itoiz, rock basque de qualité internationale » (gaceta del norte).
Cette même année 1987, Itoiz enregistre un album live à Getxo (Biscaye)avec cinq nouveaux titres : Non podo mais, Desolatio, Intro, Mendi buelta et Gangaran gara. Seul les trois premières apparaîtront dans …eremuko dunen atzetik dabil. Si rien n’est annoncé ce jour-là, la décision de mettre fin à l’aventure Itoiz est déjà prise par l’ensemble de l’équipe : la pression, la fatigue, la routine des différentes tournées, et la sensation d’être arrivé à la fin d’un cycle les ont usé prématurément. Leur dernier concert se tiendra a Eysines en avril 1988.

Itoiz fait partie de ces groupes qui, comme Errobi, Akelarre, Oskorri et bien d’autres encore, ont modernisé la musique basque sans renier la tradition. Quelques uns ont réussi à avoir une carrière internationale mais tous ont ouvert la voie aux générations suivantes.

Ressources

Historias del rock -Erlantz Bikendi Gonzalez
Wikipedia (es)
Wikipedia (eu)

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